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sarounette
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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 18:13 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

il est recommandé en cas d'envenimation ;de ne pas administrer de l'héparine ou faire des injection IM
est ce que donc le venin a des propriétés concernant la modification de la coagulation de l'indevidu et par suite entraine des troubles dans ce même contexte?


merci d'avance 


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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 18:13 (2010)    Sujet du message: Publicité

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imi
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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 19:14 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

 pour répondre à ta question je te donne un aperçu sur le vénin pour comprendre le mécanisme.

Le venin peut être composée de diverses substances telles phospholipase, acétylcholinestérase, hyaluronidase, sérotonine (5-hydroxytryptamine) et neurotoxines. Les composantes du venin sont complexes et spécifiques à chaque espèce, celles de la famille des Buthidae étant les plus toxiques pour l’homme (1, 3).
Les venins de Buthidae contiennent plusieurs toxines, en nombre variable selon l’espèce (jusqu’à 11 chez Buthus occitanus), petites protéines basiques faiblement antigéniques, constituées par l’enchaînement d’une soixantaine de résidus aminoacides reliés par quatre ponts disulfures. Certaines d’entre elles, les plus nombreuses, ont une action sélective vis-à-vis des mammifères, les autres vis-à-vis des insectes ou encore des crustacés. Les venins contiennent aussi des amines biogènes, notamment de la sérotonine (5 hydroxy-tryptamine), de l’histamine, de la kinine et des substances non protéiques (7). Les venins des Centruroides de l’Arizona et du Mexique sont principalement neurotoxiques. Ils bloquent la fermeture des canaux sodiques des cellules excitables et entraînent une prolongation du potentiel d’action et de la dépolarisation spontanée des nerfs du système autonome. Ce mode d’action correspond aux toxines potentiel-dépendantes des venins de scorpion de l’Ancien monde. Les toxines des venins de scorpions du continent américain, non potentiel-dépendantes, abaissent le seuil d’excitabilité du neurone. Ces deux types de toxines n’ont pas le même site de fixation et n’entrent pas en compétition. Pour le neurone, le résultat reste le même : une entrée d’ions sodium. Le venin des espèces du Buthus et Parabuthus de l’Inde et de l’Afrique possèdent une phospholipase A qui entraîne des troubles hématologiques (hémorragies digestives et pulmonaire, coagulation intravasculaire disséminée...) (1). Les CIVD restent cependant des manifestations exceptionnelles secondaires à une piqûre de B. tamulus, elles ne sont pas décrites avec les venins des autres Buthidés. Les espèces dangereuses pour l’homme ont un venin dépourvu d’enzyme ce qui explique que leur piqûre est peu douloureuse (4, 5). Les venins de Chactoides riche en enzymes (hyaluronidase, protéases, phospholipases, phosphodiestérases, cogulases, anticoagulases, hémolysines...) sont responsables d’algies importantes. Il est thermostable, résiste à la dessiccation sous vide et son pouvoir toxique se conserve pendant plusieurs années (2, 7, 8). D’une manière générale, toutes les piqûres de scorpions accompagnées d’inoculation sont très douloureuses, Le mécanisme déclenchant de cette douleur n’est pas connu avec précision. 
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sarounette
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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 19:15 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

bon j'ai trouvé que dans ce cas  on a une anémie due à l'hémolyse 
et qu'on a une hyperleucocytose
thrombopénie ,trouble de la coagulation ;CIVD 
est ce que c 'est par ce qu'il y'a la CIVD et la thrombopénie?


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imi
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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 19:31 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

le mécanisme d’activation de la coagulation est mal élucidé.La thrombopénie est également un signe biologique de CIVD. wa Allaho a3lem
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sarounette
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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 19:37 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

oui ,c'est vrai moi je pense que aussi, puisque généralment on ne sait pas de quel type de venin il s'agit,on préfére prévenir ça;au cas où il y'aura un syndrome hemorragique à côté

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imi
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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 19:49 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

En prenant comme exp les serpents,leur venin est un mélange complexe de plus de mille protéines, dont la composition varie en fonction de la famille mais aussi de l’espèce.Schématiquement, ces protéines sont responsables de phénomènes inflammatoires et nécrotiques (cytotoxines, protéases, hyaluronidases), de phénomènes toxiques (myotoxines, toxines hémolytiques, neurotoxines) et de perturbations de l’hémostase. Ces dernières peuvent concerner l’hémostase primaire - zinc-métalloprotéases détruisant la membrane basale des capillaires, désintégrines inhibant l’agrégation plaquettaire, convulxines activant les plaquettes en se liant à la glycoprotéine GP VI – mais également la cascade de la coagulation ou la fibrinolyse. Ainsi les syndromes de défibrination, regroupant coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) et fibrinolyse, sont fréquemment observés au cours des envenimations, avec une prévalence relative variable en fonction de la famille de serpents. Alors que les vipères provoquent fréquemment des CIVD, les crotales, comme Bothrops moojeni, sont plutôt responsables de phénomènes fibrinolytiques . Seul Bothrops lanceolatus de Martinique, déclenchant de réelles CIVD, fait figure d’exception.
Pour ta question,on voit que les cibles d’actions de ces enzymes sur la coagulation sont variées :
 
  • protéases activant le facteur X de façon calcium dépendante (Echis, Vipera) ;
  • enzymes à activité prothrombinique, comme l’écarine d’Echis carinatus ;
  • enzymes inhibitrices de la thrombine humaine, génératrice d’un état d’hypocoagulabilité, comme la bothrojacine de Bothrops jaraca ;
  • activation du plasminogène, comme le TVS-PA du Trimeresurus stejnegeri, qui accélère la formation de plasmine et provoque donc une réelle fibrinolyse primitive ;
  • d’autres protéases, nommées enzymes thrombine-like, clivent directement le fibrinogène en lieu et place de la thrombine (élégaxobine de Trimeresurus elegans, crotalase de Crotalus adamanteus, balterobine de Bothrops alternatus…). La batroxobine de Bothrops moojeni appartient à cette classe d’enzymes . Elle provoque en quelques minutes une chute profonde du fibrinogène par fibrinogénolyse primitive. La formation d’une fibrine instable, non stabilisée par le facteur XIII, donc rapidement lysée, provoque l’exacerbation d’une fibrinolyse secondaire. La batroxobine a une structure moléculaire différente de celle de la thrombine physiologique, ce qui explique l’inefficacité thérapeutique de l’héparine et de l’hirudine dans ce type d’envenimations .

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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 19:51 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant







nécrose



voila quelques images de personne ayant eu des morsure de serpent different 


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salima
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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 19:56 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

merci sarounette et imi Okay

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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 19:57 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

pas de quoi salima,on est tous ici pour s'entre aider n'est ca pas

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imi
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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 20:00 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

tu as raison sarou,on fait ça avec plaisir,méme ci on sait pas bcp de choses sur un sujet,ça nous pousse à chercher pour mieux gardes les infos
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MessagePosté le: Sam 30 Oct - 20:05 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

oui c'est vrai;des fois même si on sait des choses ,on découvre d'autre qu'on ignorait et c 'est comme ça que c'est bien

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doc.red
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MessagePosté le: Mar 9 Nov - 22:13 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

merci  bcp ++++  dr. sarou,    surtout  les  photos  spectaculaires  
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sarounette
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MessagePosté le: Mer 10 Nov - 17:52 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

pas de quoi dr.red si j'ai des truc même minime avec quoi je peux aider ,ça me fait plaisir

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doc.red
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MessagePosté le: Mer 10 Nov - 19:18 (2010)    Sujet du message: envenimation Répondre en citant

c  pour  vous  mes  chers  confrères  jesper  k  ça  va  vous  plaire+++

Morsures, griffures et envenimations

K. Kaouadji, N. Kaker, B. Vallet
Les morsures et les griffures d’animaux sont un motif fréquent de consultation. Dans la majorité des cas,
il s’agit d’un animal de compagnie. La gravité de la lésion est directement corrélée à la localisation et à
l’étendue de la morsure ainsi qu’au statut vaccinal antitétanique du patient. Le pronostic est lié à la
vitesse de prise en charge de la plaie septique par nettoyage, parage et désinfection. L’indication de
l’antibiothérapie est à discuter en fonction de l’animal mordeur, de la localisation de la plaie et du délai de
la prise en charge. En cas d’envenimations par des venins induisant des réactions allergiques
(hyménoptères...), le traitement ira du simple traitement local au traitement du choc anaphylactique.
Pour certains venins cytotoxiques (vipère...), il existe des sérums antivenin dont les indications
d’utilisation sont basées sur des critères cliniques.
Envenimation par les animaux  marins
L’envenimation est due à l’inoculation à l’homme de venins
d’animaux. Les animaux marins sont munis d’un appareil à
venin et inoculent leurs toxines, soit par piqûre, soit par
morsure, soit par contact. La plupart des venins sont composés
de protéines et de peptides. Souvent la symptomatologie après
une piqûre est une réaction locale, mais les venins peuvent être
à l’origine de troubles neurologiques graves et peuvent parfois
mettre en cause le pronostic vital.
Échinodermes
Il s’agit principalement des oursins, des étoiles de mer et des
concombres de mer. Ils sont à l’origine d’une effraction cutanée
douloureuse ; les lésions guérissent après l’extraction des épines
qui doit être précoce. Les fragments d’épines inaccessibles
initialement sont souvent éliminés par la nécrose inflammatoire
périphérique. La complication principale de ces piqûres est une
surinfection à Erysipelothrix rhusiopathiae : 24 heures après la
piqûre, survient une rougeur avec oedème et parfois une
lymphangite et des douleurs localisées aux articulations des
doigts.
Certains oursins possèdent des petits appendices (pédicellaires)
contenant un venin neurotoxique à l’origine de paresthésies,
voire d’une paralysie musculaire pendant plusieurs heures.
La conduite à tenir reste de l’ordre du symptomatique après
désinfection de la plaie et contrôle du statut vaccinal.
Poissons venimeux:
La nageoire dorsale et les épines des poissons (murènes,
poissons-chats, rascasses, poissons-pierre, raies, poissonschirurgiens...)
présentent une encoche. À la base de celle-ci se
trouvent les glandes à venin. Les venins contiennent des
protéines très instables capables d’induire des réactions de type
toxique comme de type allergique.
Le tableau clinique comporte des signes locaux importants
avec une douleur souvent syncopale, un oedème, des phlyctènes
hémorragiques et une nécrose. S’associent parfois des signes
généraux avec des paresthésies, des paralysies des muscles
squelettiques et des muscles respiratoires qui sont responsables
du décès.
Le traitement est symptomatique. Les venins étant thermolabiles,
il faut chauffer la lésion : soit immerger la blessure dans
une eau chaude (température au-dessus de 45 °C), soit approcher
une cigarette incandescente ou éventuellement se servir
d’un sèche-cheveux. La douleur, généralement importante,
justifie souvent d’une prescription d’antalgique de palier deux.
Une réanimation respiratoire doit être mise en oeuvre en cas
d’accident grave. Il faut prévenir les surinfections à pyogènes et
le tétanos. Bien que rarement nécessaire, un sérum antivenimeux
est disponible pour les patients présentant des réactions
générales sévères à la suite d’envenimation par les poissonspierre
(stone fish antivenin CommonWealth Serum Laboratories,
Department of Health. Melbourne [Australie]).
Piqûre de scorpion:
Comme l’araignée, le scorpion fait partie de la famille des
arachnides, dont la piqûre peut induire une envenimation.
Épidémiologie
Toutes les espèces de scorpions (environ 1 500) ont des
glandes à venin, mais 25 espèces seulement sont connues
comme dangereuses et posent, dans certains pays du monde, un
problème de santé publique important. Les scorpions vivent
dans des territoires ne s’étendant pas au-delà du 50e parallèle.
Le nombre de piqûres de scorpion est important dans le sud de
la France et dans les pays méditerranéens. Elles sont dues
essentiellement aux « scorpions noirs » (Euscorpius [E.] flavicaudis,
E. italicus, E. carpathicus, Belisarius xambeni) et au « scorpion
jaune » (Buthus occitanus). Cependant, des espèces tropicales
dangereuses peuvent être ramenées par des collectionneurs ou
des touristes. Les scorpions ne sont vraiment actifs que pendant
les mois les plus chauds de l’année, soit d’avril à octobre dans
l’hémisphère Nord : plus de 80 % des piqûres surviennent au
cours des mois de juin à septembre.
Physiopathologie
Les venins de scorpions contiennent des neurotoxines actives
sur les canaux ioniques voltage-dépendants des cellules excitables
nerveuses ou musculaires (canaux sodium, canaux potassium,
canaux calcium et les canaux chlores). Les neurotoxines
actives sur les canaux sodiques sont responsables de la symptomatologie
de l’envenimation ; elles maintiennent les canaux
ouverts et provoquent des décharges répétées des neurones.
Clinique
Une piqûre de scorpion entraîne dans 80 % des cas des signes
locaux correspondant à des douleurs. Dans moins de 20 % des
cas, on retrouve des manifestations systémiques :
• hyper- ou hypotension artérielle ;
• hyperthermie, hypersialorrhée ;
• troubles digestifs ;
• troubles du rythme cardiaque, tachycardie ;
• difficultés respiratoires, oedème pulmonaire
• parfois un état de choc.
Une classification basée sur la sévérité croissante des manifestations
cliniques a été proposée :
• grade I : manifestations locales isolées ;
• grade II : manifestations systémiques ne mettant pas en cause
le pronostic vital ;
• grade III : manifestations cliniques mettant en jeu le pronostic
vital.
Traitement
• En cas de piqûre présumée de scorpion, garder les victimes en
observation pendant au moins 12 heures. Contacter le centre
antipoison pour identifier l’espèce en cause.
• Vérifier la vaccination antitétanique.
• Les douleurs musculaires généralisées peuvent être traitées par
des injections intraveineuses de gluconate de calcium.
• Traitement des complications cardiaques par des antiarythmiques
et des bêtabloquants.
• Mesures de réanimation en cas d’état de choc ou d’oedème
pulmonaire.
• Administration de sérum antiscorpionique spécifique en
intraveineuse, nécessaire en cas d’atteinte grave.
Piqûres d’hyménoptères:
Les piqûres d’hyménoptères constituent une pathologie
courante en saison estivale. Leur gravité est très variable, il faut
distinguer les piqûres simples qui, dans la plupart des cas
entraînent une réaction locale et ne nécessitent pas d’intervention
médicale, des piqûres multiples et des allergies aux piqûres
qui peuvent être gravissimes.Épidémiologie
Les hyménoptères comprennent :
• les apidés (abeilles) : vivant en colonie, elles ne piquent que
pour se défendre. Le dard, en forme de harpon, est abandonné
lors d’une piqûre sur la peau de la victime avec
réservoir et glande à venin. Les piqûres de masse peuvent être
au nombre de plusieurs centaines ;
• les vespidés (guêpes, frelons) : leur piqûre est unique. Les
piqûres multiples sont provoquées par une colonie en danger
;
• les formicidés (les fourmis) : ces derniers ont très peu
d’importance en Europe notamment parce qu’ils ne sont
quasiment pas responsables de réactions pathologiques
dangereuses ;
• les abeilles africaines et « africanisées » (apis mellifera scutellata).
Ces abeilles d’Afrique centrale et orientale sont caractérisées
par leur agressivité. Leur introduction en Europe a pour
conséquence une africanisation des abeilles domestiques avec
apparition d’un comportement agressif (brazilian bees, killer
bees).
Les venins sécrétés par les hyménoptères sont des mélanges
complexes et diffèrent en fonction des familles. Ce sont surtout
les protéines enzymatiques et les peptides qui sont allergisants.
L’antigénicité croisée est relativement importante entre les
venins de guêpes et de frelons ; elle est faible entre guêpes
polistes et guêpes vespula, ainsi qu’entre guêpes et abeilles.
Manifestations cliniques
On différencie les réactions liées à la toxicité des composants
des venins et les réactions allergiques dues à une sensibilisation
antérieure aux antigènes de ces venins.
Réactions non allergiques
Elles sont de deux types :
• les réactions inflammatoires locales sont dues à l’inoculation
dans le tissu sous-cutané de venin riche en histamine,
peptides vasoactifs, enzymes et toxiques. La quantité de venin
injectée dépend de l’insecte piqueur et de la durée de la
piqûre. Ces réactions locales, qui régressent en quelques
heures, ne sont dangereuses que si la piqûre est intrabuccale
en raison de l’oedème pharyngé avec obstruction des voies
respiratoires qu’elle entraîne ;
• les réactions toxiques qui sont liées à la toxicité directe du
venin. La morbidité et la mortalité lors des piqûres massives
(> 30 piqûres de guêpes ou 200 à 300 piqûres d’abeilles) sont
très importantes en raison de l’effet cumulé des toxines.
Le tableau clinique est le suivant :
• troubles digestifs, diarrhée ;
• hypertension ;
• insuffisance rénale : nécrose tubulaire aiguë, hémoglobinurie,
myoglobinurie, lésions vasculaires ;
• troubles de la coagulation : hémolyse, thrombopénie, coagulation
intravasculaire disséminée ;
• insuffisance hépatique ;
• état de choc ;
• détresse respiratoire avec syndrome de détresse respiratoire
aiguë (SDRA) ;
• ischémie myocardique ;
• convulsions, oedème cérébral, coma.
Réactions allergiques
Elles peuvent être localisées, généralisées ou retardées. Elles
sont regroupées dans le Tableau 5.
Réactions localisées
La réaction allergique locale entraîne un érythème, une
douleur, un oedème plus ou moins extensif, parfois phlycténulaire.
L’extension de cette réaction peut facilement atteindre l’articulation voisine lorsque la piqûre siège sur les extrémités.
Les piqûres siégeant sur la face, le cou ou dans la bouche,
peuvent entraîner des réactions érythémato-oedémateuses
spectaculaires. Elles sont parfois responsables de réactions
sévères comme un oedème laryngé entraînant un risque vital.
En cas de repiqûre, 40 à 80 % de ces personnes présenteront à
nouveau une réaction locale étendue.
Réactions généralisées
Les réactions générales ou systémiques surviennent à distance
du point de piqûre. Le délai d’apparition est généralement
court, inférieur à 30 minutes. Les réactions systémiques comportent
plusieurs tableaux cliniques, et atteignent un ou
plusieurs appareils (Tableau 5). L’expression la plus sévère en est
le choc anaphylactique, manifestation grave et redoutée de
l’hypersensibilité immédiate de type I. Le choc anaphylactique
suppose une sensibilisation antigénique préalable. Les mastocytes
tissulaires et les basophiles sanguins sont sensibilisés par un
premier contact antigénique ; ces cellules vont porter en leurs
surfaces des immunoglobulines E spécifiques liées à des récepteurs
membranaires. La réintroduction de l’antigène entraîne la
formation de ponts entre les récepteurs dont découlent une
cascade de réactions et la libération massive de médiateurs
biochimiques, histamine en particulier.
Les premières manifestations surviennent habituellement
dans les minutes qui suivent l’exposition à une substance
antigénique, mais des formes retardées de plusieurs heures sont
possibles. Le tableau clinique associe à des degrés divers les
éléments suivants. 
Syndrome cardiovasculaire : tachycardie et pression artérielle
abaissée, voire imprenable, sont les constatations les plus
habituelles.
• Syndrome respiratoire : une dyspnée expiratoire par bronchospasme
est plus volontiers observée qu’une dyspnée
inspiratoire par oedème laryngé.
• Syndrome cutanéomuqueux : très souvent inaugural, il peut
comporter un prurit palmoplantaire intense, une éruption
urticarienne, un rash morbilliforme ou scarlatiniforme, un
oedème de Quincke, une rhinorrhée, un larmoiement, une
hypersialorrhée.
• Syndrome digestif : nausées, vomissements, douleurs abdominales,
diarrhée profuse parfois sanglante.
• Syndrome neurologique : anxiété, agitation, céphalées, coma,
convulsions.
• Syndrome hématologique : coagulopathie de consommation.
Les formes suraiguës (un tiers des cas) associent habituellement
des signes cardiovasculaires, digestifs et neurologiques
avec évolution rapide (quelques minutes) vers la mort en
l’absence de thérapeutique adaptée. Des formes graves sont
décrites chez les patients traités par bêtabloquants.
Réactions retardées
Elles sont plus rares ; elles apparaissent 1 à 10 jours après la
piqûre. Ce sont des manifestations locales ou générales évoquant
une maladie sérique : urticaire, fièvre, arthralgies, atteinte
rénale ou hépatique. Plus rarement ont été rapportées des
réactions neuroencéphaliques.
Diagnostic paraclinique [17, 20]
Le diagnostic d’allergie après une piqûre d’insecte peut être
confirmé par des tests cutanés et par un dosage des immunoglobulines
E spécifiques. Ces examens sont réalisés à distance de
l’accident (4 à 6 semaines).
Tests cutanés (« prick test » et tests
intradermiques)
Ils sont effectués dans des centres équipés de matériel de
réanimation. Des tests intradermiques avec des concentrations
progressives de venin d’abeille, de guêpe Vespula ou Poliste,
éventuellement de frelon, permettent d’établir un seuil de
réactivité. Un test intradermique est considéré comme positif si
le seuil de réaction est inférieur ou égal à 0,1 mg/ml.
Immunoglobulines E spécifiques
Les dosages d’immunoglobulines E spécifiques sériques par
méthode radio-immunologique radio-allergosorbent test (RAST) ou
par méthode immunoenzymologique enzyme-linked immunosorbent
assay (Elisa) [22] sont moins spécifiques que les tests
cutanés.
Traitement
Mesures générales
La vaccination antitétanique est vérifiée. En cas de piqûre
d’abeille, l’ablation du dard doit être faite en prenant soin de ne
pas presser sur l’appareil venimeux restant. Le grattage léger
avec l’ongle ou la pointe d’un canif doit permettre l’extraction.
Réactions cutanées locales
Lors des réactions locales, un traitement par des antalgiques
simples (paracétamol, glaçage) associés à un antihistaminique
H1 est suffisant. En cas d’oedème important, une corticothérapie
brève pendant 2 à 3 jours est indiquée.
Réactions cutanées à distance
Une urticaire généralisée nécessite l’administration intraveineuse
d’un antihistaminique H1 associé à un corticoïde :
méthylprednisolone 1 à 2 mg/kg.En cas d’oedème de Quincke, on ajoute de l’adrénaline par
voie aérienne : Dyspné-inhal® à raison de 10 à 15 pulvérisations
distribuant environ 0,15 mg d’adrénaline ou aérosol d’une
solution de 1 mg d’adrénaline dans 5 mg de sérum physiologique
sur 10 minutes. Dans ce cas, une surveillance hospitalière
de quelques heures est nécessaire, jusqu’à disparition complète
des troubles.
Bronchospasme
En cas de bronchospasme, on associe à de l’adrénaline en
inhalation un bêta-2 mimétique en aérosol ou à la seringue
électrique dans les cas sévères. Une surveillance hospitalière de
quelques heures est nécessaire.
Choc anaphylactique
C’est une urgence médicale absolue. L’hospitalisation est
nécessaire. Le traitement repose sur l’adrénaline (Tableau 6) qui
s’oppose aux effets cardiovasculaires et bronchiques liés à la
libération brutale des médiateurs, en particulier l’histamine.
L’adrénaline peut être administrée par différentes voies :
• voie veineuse qui est la voie de référence ;
• voies intramusculaire et sous-cutanée de réalisation facile,
mais d’absorption variable ;
• voie sublinguale à ne pas négliger en raison de la riche
vascularisation de cette région.
L’injection doit être prudente à partir d’une solution d’adrénaline
diluée (1 mg dans 10 ml de sérum physiologique). Il
convient de commencer par 3 ml puis de titrer millilitre par
millilitre. Cette dose peut être renouvelée toutes les 15 à
20 minutes tant que l’état hémodynamique reste instable.
Les patients sous médicament bêtabloquant répondent
difficilement au traitement : malgré l’augmentation des doses
d’adrénaline, il est parfois nécessaire d’ajouter du glucagon à
1 mg intraveineuse lente à renouveler éventuellement jusqu’à
5 mg. Un relais au pousse-seringue peut être pris à raison de
1 mg/h.
Le remplissage vasculaire est nécessaire lorsqu’il persiste une
hypotension artérielle malgré la répétition des injections
d’adrénaline, ou lorsque survient une hypotension artérielle
récurrente après une phase où la pression artérielle a retrouvé
ses valeurs normales. Les cristalloïdes sont les solutions recommandées
car ils n’augmentent pas l’histaminolibération.
L’oxygénothérapie (8 à 10 l/min) et la liberté des voies
aériennes doivent être assurées devant un trouble grave de la
conscience ou une détresse respiratoire.
La corticothérapie est prescrite après la réalisation des
premiers gestes d’urgence. Elle n’a pas d’indication dans le
traitement de choc ; elle prévient les réactions retardées et traite
les réactions cutanéomuqueuses.
Désensibilisation spécifique
Elle est indiquée chez l’adulte et l’enfant ayant eu une
réaction générale sévère (stades II à IV de la classification de
Müller). La grossesse n’est pas une contre-indication à la
désensibilisation, mais la plupart des cliniciens préfèrent
attendre l’accouchement avant d’entamer la procédure. Elle se
fait après un bilan étiologique détaillé (interrogatoire minutieux,
tests cutanés, dosage des immunoglobulines E spécifiques). Les
protocoles de désensibilisations comportent une phase d’accoutumance,
suivie d’une phase d’entretien. La désensibilisation
doit être spécifique à partir des extraits purifiés de venin. Elle
est faite à distance après un délai de 4 à 6 semaines suivant une
réaction grave. Il existe différents schémas d’immunothérapie
(cure étalée, cure courte, cure semi-rapide). L’efficacité de la
désensibilisation, déterminée par l’absence de réaction générale
lors d’une nouvelle piqûre, est de 95 % pour la guêpe et 80 %
pour l’abeille.
Prévention des réactions allergiques ultérieures
Les personnes victimes d’une réaction allergique après une
piqûre d’hyménoptère doivent se munir d’une trousse d’urgence
comprenant de l’adrénaline injectable, un antihistaminique et
un corticoïde injectable. Le patient ou son entourage doit
effectuer une injection d’adrénaline en cas de signes prémonitoires
de choc anaphylactique lors d’une nouvelle piqûre. La
dose d’adrénaline à injecter en intramusculaire lors d’un choc
anaphylactique est de 0,01 mg/kg.
Certaines règles de prudence sont à respecter : éviter, en
présence des insectes, les mouvements brusques, les parfums, le
port de vêtements de couleurs vives, la proximité des fruits et
des ordures. Éviter la marche pieds nus, le stationnement près
des ruches. La destruction des nids de guêpes et de frelons à
proximité des habitations s’impose.
 
________________________
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:44 (2018)    Sujet du message: envenimation

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