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Apport du dosage de la procalcitonine pour le diagnostic de pyélonéphrite aiguë de l'enfant

 
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Khaled.dz
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MessagePosté le: Dim 17 Oct - 10:40 (2010)    Sujet du message: Apport du dosage de la procalcitonine pour le diagnostic de pyélonéphrite aiguë de l'enfant Répondre en citant

Usefulness of procalcitonin for the diagnosis of acute pyelonephritis in children

S. Bigota, P. Leblonda, C. Foucherb, V. Huec, M. D'Herbomezd and M. Foularda

aClinique de pédiatrie, hôpital Jeanne-de-Flandre, 2, avenue Oscar Lambret, 59037 Lille cedex, France
bService de médecine nucléaire, hôpital Roger Salengro, 2, avenue Oscar Lambret, 59037 Lille cedex, France
cUrgences pédiatriques, hôpital Roger Salengro, 2, avenue Oscar Lambret, 59037 Lille cedex, France
dLaboratoire de médecine nucléaire, hôpital Roger Salengro, 2, avenue Oscar Lambret, 59037 Lille cedex, France

Received 12 November 2003; accepted 25 March 2005. Available online 11 May 2005.


Résumé

Introduction. – La pyélonéphrite aiguë est susceptible d'entraîner des cicatrices rénales. Notre objectif a été d'évaluer l'intérêt de la procalcitonine (PCT) dans les infections urinaires fébriles de l'enfant pour le diagnostic des lésions rénales aiguës.

Méthode. – Etude prospective, comparant le taux sanguin de PCT chez les enfants fébriles admis aux urgences pédiatriques avec des signes d'infection urinaire, à l'atteinte parenchymateuse rénale évaluée par une scintigraphie au DMSA.

Résultats. – Parmi les 42 patients inclus, 19 (45 %) avaient des lésions rénales aiguës (groupe A) ; 23 (55 %) (groupe B) avaient soit une scintigraphie au DMSA normale (n = 16), soit des lésions anciennes (n = 4), soit des anomalies secondaires à une uropathie malformative (n = 3). Dans le groupe A, la valeur moyenne de la PCT était plus élevée que dans le groupe B (5,4 ng/ml vs 0,4 ng/ml, p < 10-5). Pour une valeur de PCT ≥ 0,5 ng/ml, la sensibilité et la spécificité pour le diagnostic des lésions rénales étaient de 100 % et 87 %. La valeur moyenne de la CRP était à 99,1 mg/l dans le groupe A et à 44,6 mg/l dans le groupe B. Pour des valeurs ≥ 20 mg la CRP avait une sensibilité de 94 % et une spécificité de 30 %. Il n'existait pas de corrélation entre les valeurs de la PCT et l'étendue de l'atteinte parenchymateuse à la scintigraphie au DMSA.

Conclusion. – La valeur de la PCT était significativement plus élevée chez les enfants fébriles ayant une infection urinaire avec lésions rénales aiguës. La PCT semble être un meilleur marqueur que la CRP pour dépister les patients avec des lésions rénales aiguës.


Abstract

Background. – Acute pyelonephritis can induce parenchymal scarring. The aim of this study was to evaluate the usefulness of procalcitonin (PCT) to predict renal involvement in febrile children with urinary tract infection (UTI).

Methods. – In a prospective study serum PCT was measured and compared with others commonly used inflammatory markers in children admitted to the emergency unit with acute pyelonephritis. Renal parenchymal involvement was assessed by a 99 mTc-labeled dimercaptosuccinic acid (DMSA) renal scar performed in the first 3 days after the admission.

Results. – Among 42 enrolled patients, 19 (45%) had acute renal involvement (Group A) ; 23 (55%) (Group B) had normal DMSA scan (n = 16), or old scarring (n = 4) or various anomalies related to uropathy (n = 3). In group A, the mean PCT level was significantly higher than in the group B (5,4 ng/ml, vs 0,4 ng /ml, p < 10–5). In these 2 groups, mean C reactive protein (CRP) levels were 99,1 mg/l and 44,6 mg/l respectively (p < 0,001). For a level of serum PCT ≥ 0,5 ng/ml, the sensitivity and specificity to predict the renal involvement were 100% and 87% respectively; for a level ≥ 20 mg/l CRP had a sensitivity of 94% but a specificity of 30%.

Conclusion. – Serum PCT levels were significantly increased in febrile children with UTI when acute renal parenchymal involvement was present. PCT seems a better marker than CRP for the prediction of patients at risk of renal lesions.




La pyélonéphrite aiguë (PNA) est définie comme une infection urinaire entraînant une inflammation du bassinet et/ou du parenchyme rénal [1]. Sa prévalence chez le nourrisson et l'enfant est de 3 à 5 % chez les filles et de 1 à 2 % chez les garçons [2]. Les lésions rénales parenchymateuses peuvent être à l'origine de cicatrices, sources d'hypertension artérielle et d'insuffisance rénale [3]. La fièvre, la C-reactive proteine (CRP) et les leucocytes circulants sont habituellement considérés comme des marqueurs d'infection du parenchyme rénal [4]. Pour certains auteurs, la scintigraphie à l'acide dimercaptosuccinique (DMSA) est l'examen de référence pour identifier les lésions rénales d'origine infectieuse [5], [6] and [7]. Elle est très sensible et très spécifique dans la détection des lésions parenchymateuses rénales [8] and [9].

La procalcitonine (PCT) est un marqueur sanguin de l'inflammation permettant de discriminer les infections bactériennes des autres causes d'inflammation [10], [11], [12], [13], [14] and [15]. Récemment, plusieurs études ont montré que le dosage de PCT permettait également d'évaluer l'atteinte rénale parenchymateuse au cours des PNA [6], [7] and [16].

L'objectif principal de ce travail a été de vérifier l'intérêt du dosage plasmatique de la PCT pour détecter les lésions rénales aiguës dans les PNA de l'enfant et d'évaluer la relation entre le taux plasmatique de PCT et le degré de l'atteinte parenchymateuse mesurée par la scintigraphie au DMSA. L'objectif secondaire a été de comparer l'intérêt des dosages respectifs la PCT et la CRP pour le diagnostic des lésions rénales.

1. Population et méthodes
1.1. Patients

Cette étude prospective a été menée dans le service des urgences pédiatriques (hôpital Roger Salengro) et dans l'unité de néphrologie pédiatrique (hôpital Jeanne de Flandre) du CHRU de Lille du 1er mai 2001 au 15 mars 2002 en accord avec le CCPPRB de Lille.

Les critères d'inclusion ont été : enfants âgés de plus de deux mois consultant aux urgences pédiatriques, pour lesquels le diagnostic de PNA était suspecté ; la PNA devait être confirmée par l'examen cytobactériologique des urines (ECBU) ; les enfants ayant reçus un traitement antibiotique à domicile et dont la bactériurie était non significative ont été inclus, si la leucocyturie était significative (≥ 104/ml).

Les critères de non-inclusion ont été : enfants porteurs d'une vessie neurologique ; patients ayant eu une PNA dans les neuf mois précédents et ayant une scintigraphie au DMSA anormale ou non effectuée, protocole d'étude incomplet ; PNA non confirmée par l'ECBU.

1.2. Méthodes

Les critères diagnostiques de PNA ont été la fièvre et la présence de germes et d'une leucocyturie ≥ 104/ml à l'examen direct des urines. Le diagnostic de PNA devait être confirmé secondairement par une culture positive des urines selon les critères de Kass (germes ≥ 105/ml et leucocyturie ≥ 104/ml). Un ECBU a été réalisé systématiquement à l'admission, sauf dans les quelques cas où il avait été effectué dans un laboratoire de ville. Les urines ont été recueillies après une toilette antiseptique génitale et périnéale, dans un récipient stérile au milieu du jet chez les grands enfants ou à l'aide d'une poche de recueil chez les enfants qui n'avaient pas encore acquis la propreté diurne. Cette poche était changée après une nouvelle désinfection si l'enfant n'avait pas uriné au bout de 30 minutes.

Les taux de PCT et de CRP plasmatiques ont été mesurés avant le début de l'antibiothérapie. Le dosage de la PCT a été effectué selon une technique immunoluminométrique (Brahms diagnostikaTM, Berlin, Germany), utilisant deux anticorps monoclonaux dirigés respectivement contre les régions 96-106 (région katacalcine) et 70-76 (région calcitonine) de la PCT. La lecture a été effectuée par luminométrie, le signal lumineux étant mesuré avec un appareil Bérilux 400 (BerhingTM). La technique a nécessité 20 μl de sérum prélevés sur un tube additionné d'EDTA. La limite inférieure de détection a été de 0,5 ng/ml. Le dosage de la CRP sérique a été effectué par une méthode conventionnelle néphélémétrique. La limite de détection était de 3 mg/l.

Une scintigraphie rénale au 99mTc-DMSA a été effectuée dans les 72 heures suivant l'admission. Le patient a reçu par voie intraveineuse une dose de DMSA marqué au technétium (RENOCIS, laboratoire Cis Bio International) de 1,85 MBq par kg (50 μCi/kg). L'imagerie du parenchyme rénal et la mesure de fixation relative ont été réalisées trois heures après l'injection. Les scintigraphies ont été réalisées à l'aide d'une gamma caméra équipée d'un collimateur parallèle haute résolution. Trois incidences ont été réalisées, une face postérieure (durée 600 secondes), et deux obliques postérieures droite et gauche (300 secondes chacune). Les images ont été interprétées en aveugle par un médecin du service de médecine nucléaire. L'interprétation comprenait l'évaluation qualitative de la taille de chaque rein, la recherche d'hypofixation, et la quantification de la fixation relative du traceur par les cellules tubulaires pour chaque rein. Sur le plan qualitatif une lésion aiguë était évoquée devant une zone d'hypofixation nette, bien limitée, amputant la corticale rénale et, parfois, devant une fixation globalement hétérogène sur un rein de taille et de morphologie normale. À l'inverse, un petit rein hypofonctionnel associé à des hypofixations mal définies ou une hypofixation triangulaire à base externe déformant la corticale rénale a été considéré comme séquellaire. Pour les patients présentant une hypofixation localisée, la quantification de l'étendue de la zone hypofixante était réalisée sur l'incidence de face postérieure. Pour chaque défect, la surface était déterminée en nombre de pixels (S1). Le calcul de l'étendue du défect a été exprimé en pourcentage de la surface rénale totale (S2) soit par le rapport S1/S2.

Deux groupes ont été constitués a posteriori : groupe A : enfants présentant des lésions rénales évoquant une atteinte infectieuse aiguë à la scintigraphie au DMSA (DMSA+). Groupe B : enfants présentant une scintigraphie au DMSA n'évoquant pas de lésion infectieuse aiguë (DMSA-).

1.3. Méthodes statistiques

Le nombre de sujets nécessaires pour montrer une différence entre les deux groupes a été estimé à 30. Les résultats quantitatifs ont été exprimés en moyenne avec la déviation standard et en médiane avec les extrêmes entre parenthèses. Les comparaisons de pourcentages ont été effectuées par le test du χ2. Le test de Fisher a été employé pour les comparaisons sur les petits effectifs. Les comparaisons concernant les valeurs des dosages des différents paramètres dans les groupes A et B ont été effectuées au moyen du test non paramétrique de Wilcoxon. Une valeur de p < 0,05 a été considérée comme significative. Un test de Spearman a été utilisé pour étudier la corrélation entre la valeur de la PCT et le pourcentage de défect à la scintigraphie au DMSA. Une valeur de p < 0,05 et un coefficient ρ proche de 1 ont été considérés comme significatifs.

2. Résultats

Cent vingt-deux enfants suspects de PNA ont consulté aux urgences pédiatriques du 1er mai 2001 au 15 mars 2002. Parmi eux, 80 n'ont pas été inclus dans l'étude soit en raison d'un diagnostic de PNA non confirmé après culture des urines (n = 26), soit pour des raisons techniques d'impossibilité d'obtenir tous les examens imposés par le protocole (n = 54).

Quarante-deux patients ont été inclus dans l'étude. Les germes à l'origine des PNA étaient des bacilles à gram négatif : E Coli chez 32 enfants (13 dans le groupe A et 19 dans le groupe B), Proteus mirabilis chez six enfants (quatre dans le groupe A et deux dans le groupe B), Enterobacter chez deux enfants (du groupe A). Huit enfants avaient reçu une antibiothérapie à domicile (quatre dans chaque groupe). Parmi ces enfants, deux avaient une culture stérile et trois un nombre de germes < 105/ml, mais tous avaient une leucocyturie significative ≥ 104/ml. Deux enfants avaient deux germes à la culture : un E. Coli et un Enterocoque dans un cas, et un E.Coli et un Streptocoque du groupe C dans l'autre cas. La répartition des germes n'était pas différente dans les deux groupes.

Dix-neuf enfants (45 %) avaient des lésions aiguës à la scintigraphie au DMSA et ont été classés dans le groupe A. Vingt-trois enfants (55 %) avaient une scintigraphie normale (n = 16) ou des lésions anciennes (n = 4) ou des anomalies en rapport avec une uropathie malformative (n = 3) et ont été classés dans le groupe B. Les données cliniques et biologiques des patients des deux groupes sont indiquées dans le Tableau 1. Le nombre de garçons était plus élevé dans le groupe A. La durée moyenne de la fièvre et le nombre de leucocytes sanguins étaient plus élevés dans le groupe A. La température maximale des enfants n'était pas différente dans les deux groupes.

Tableau 1.

Données cliniques et biologiques


Groupe A
(n=19)

Groupe B
(n=23)

pa
Sexe (F/G)
10/9 19/4< 0,05
Âge (mois) 29,5 (± 32,5) 43,3 (± 57,3)NS
Durée de la fièvre (heures) 67 (± 39,6) 44 (± 40,7) 0,035
Température maximale (°C) 39,4 (± 0,5) 39,2 (± 0,6) NS
Leucocytes (/mm3) 19647 (± 7628) 13456 (± 4260) 2.10-3
CRP (mg/l) 94,1 (± 53,3) 44,6 (± 34,5) 2.10-3
PCT (ng/ml)5,4 (± 9,6)0,4 (± 1,1)< 10-5


F : Fille. NS : non significatif. G : Garçon. Groupe A : Scintigraphie évoquant une lésion infectieuse rénale aiguë. Groupe B : Scintigraphie n'évoquant pas une lésion infectieuse rénale aiguë.

a Comparaison des groupes A et B. Les valeurs sont exprimées en moyenne ± écart type.

La moyenne des taux de PCT a été plus élevée dans le groupe A (Tableau 1 et Fig. 1). Pour un seuil de 0,5 ng/ml, la sensibilité de la PCT pour détecter les lésions rénales a été de 100 % et la spécificité de 87 %, la valeur prédictive positive de 86 % et la valeur prédictive négative de 100 %.




Fig. 1. Valeur de la PCT. Scintigraphie DMSA évoquant (groupe A) ou n'évoquant pas (groupe B) une lésion rénale aiguë.

La moyenne des taux de CRP a été plus élevée dans le groupe A (Tableau 1 et Fig. 2). Pour une valeur seuil de 20 mg/l, la sensibilité de la CRP pour détecter les lésions rénales a été de 94 % et la spécificité de 30 %, la valeur prédictive positive de 52 % et la valeur prédictive négative de 87 %.



Fig. 2.
Valeur de la CRP. Scintigraphie DMSA évoquant (groupe A) ou n'évoquant pas (groupe B) une lésion rénale aiguë.

Il n'existait pas de corrélation entre le taux de PCT et le pourcentage de défect à la scintigraphie au DMSA (Fig. 3).




Fig. 3.
Corrélation entre valeur de la procalcitonine et le pourcentage de défect rénal. (ρ et p déterminés par test de Spearman).


3. Discussion


La PNA est une affection fréquente chez l'enfant d'évolution immédiate habituellement bénigne sous traitement antibiotique. L'atteinte infectieuse du parenchyme rénal ne doit cependant pas être méconnue, car les cicatrices rénales résiduelles peuvent entraîner des complications tardives. Or, il n'existe pas de réel gold standard permettant d'affirmer le diagnostic de l'atteinte parenchymateuse et celui-ci repose souvent sur un faisceau d'arguments cliniques et biologiques peu spécifiques. En cas d'infection urinaire fébrile chez l'enfant, la scintigraphie au DMSA montre une atteinte parenchymateuse aiguë dans 42 à 75 % des cas selon les études, et selon les critères cliniques et biologiques choisis.

Dans l'étude de Benador et al., 67 % des scintigraphies montraient des lésions parenchymateuses parmi 111 enfants hospitalisés pour PNA [4]. Les critères nécessaires au diagnostic étaient une fièvre supérieure à 38,5 °C, la présence de douleurs abdominales ou de signes généraux, une CRP supérieure à 10 mg/l et la culture urinaire d'un seul germe (≥ 105/ml). Dans la série de Stockland et al. portant sur 175 enfants de moins de six ans ayant un premier épisode de PNA avec une culture urinaire d'un seul germe (≥ 105/ml), 42 % des scintigraphies étaient anormales [17]. Les enfants de moins de un an étaient inclus même s'ils étaient apyrétiques. Dans cette étude, la fréquence des scintigraphies anormales augmentait avec l'âge, le degré de fièvre de l'enfant, l'élévation de la CRP et l'importance du reflux vésico-urétéral. Biggi et al. ont rapporté 69 % de lésions parenchymateuses chez 101 enfants atteints d'infection urinaire définie par la culture d'un seul germe à 105 /ml [5]. La fièvre ne faisait pas partie des critères d'inclusion. Dans ces études, il n'était pas précisé si les lésions visibles à la scintigraphie étaient aiguës, et donc en rapport avec l'épisode actuel de PNA ou s'il s'agissait de lésions chroniques ou cicatricielles. L'interprétation des résultats de ces études est donc difficile et ne permet pas d'évaluer la fréquence exacte des lésions parenchymateuses aiguës.

Benador et al. ont montré que 71 % de scintigraphies étaient anormales avec 46 % de lésions aiguës chez 80 enfants présentant une fièvre supérieure à 38,5 °C et une infection urinaire. Les lésions parenchymateuses étaient considérées comme aiguës seulement si la scintigraphie au DMSA effectuée à trois mois montrait une disparition totale ou partielle des lésions [6]. Dans une étude menée auprès de 54 enfants fébriles admis pour une infection urinaire, définie par une culture urinaire positive et une température supérieure à 38 °C, Gervaix et al. ont décelé 62,9 % de lésions scintigraphiques compatibles avec une lésion aiguë [7].

Smolkin et al. ont observé des lésions compatibles avec une lésion aiguë dans 30 % des cas chez 60 enfants fébriles admis pour une infection urinaire. Les lésions parenchymateuses étaient considérées comme aiguës seulement si la scintigraphie au DMSA effectuée à six mois montrait une disparition totale ou partielle des lésions [16].

Dans notre étude, la fréquence des lésions aiguës parenchymateuses à la scintigraphie au DMSA était de 45 %, ce qui est comparable aux résultats des études de Stockland et al. [17] et Benador et al. [6]. La durée de la fièvre avant l'admission était plus importante dans le groupe A (DMSA+), suggérant qu'un retard à la mise en route du traitement antibiotique favoriserait l'atteinte du parenchyme rénal.

La PCT, qui s'élève rapidement dès la troisième heure de l'infection est un marqueur précoce de l'inflammation. Gervaix et al. ont montré qu'un taux de PCT supérieur ou égal à 0,5 ng/ml était prédictif d'une lésion parenchymateuse chez 87 à 92 % des enfants fébriles avec une infection urinaire [7]. Dans l'étude de Benador et al., la sensibilité et la spécificité étaient respectivement de 70,3 % et 82,6 % pour un taux de PCT identique [6]. Dans l'étude de Smolkin et al., la sensibilité et la spécificité étaient respectivement de 94,1 et de 89,7 % [16].

Notre étude confirme l'intérêt de la PCT pour la détection des lésions aiguës de pyélonéphrite chez l'enfant. Sa sensibilité de 100 % a permis de détecter toutes les atteintes rénales pour une valeur seuil de 0,5 ng/ml. Sa spécificité (87 %) était meilleure que celle de la CRP (30 %). Trois enfants avaient une PCT0 ≥ 5 ng/ml et une scintigraphie normale. Pour deux d'entre eux, la durée de la fièvre avant l'admission était très courte (deux et trois heures). On peut supposer que la PCT pourrait être un marqueur plus précoce que la scintigraphie au DMSA dans la détection des lésions rénales aiguës.

Benador et al. ont établi une corrélation entre la valeur de la PCT et l'importance des lésions rénales chez 80 enfants dont 37 avaient une scintigraphie en faveur d'une lésion parenchymateuse aiguë [6]. Les lésions scintigraphiques étaient classées en cinq groupes en fonction du pourcentage de défect (grade 1: 0 %, grade 2: < 5 %, grade 3: entre 5 et 10 %, grade 4 : entre 10 et 30 %, et grade 5 : > 30 %). Tous les patients de grade 3 et 4 avaient une PCT ≥ 0,6 ng/ml. Dans notre population, nous n'avons pas trouvé de corrélation entre la valeur de la PCT et le pourcentage de défect de la masse rénale totale mais pour l'étude de cette corrélation, il existait un manque de puissance statistique, car seulement 13 enfants avaient une hypofixation localisée permettant de quantifier le défect.

La CRP qui permet d'orienter vers un diagnostic d'infection urinaire bactérienne, apparaît comme un marqueur sensible mais peu spécifique pour le diagnostic de PNA. Pour certains auteurs, l'élévation de la CRP (≥ 10 mg/l ou ≥ 20 mg/l) fait partie des critères de diagnostic des PNA [4] and [18]. Sa sensibilité et sa spécificité ont été étudiées chez les enfants atteints de pyélonéphrite dont la scintigraphie au DMSA était anormale. Dans l'étude de Stockland et al., pour une valeur seuil de 20 mg/l, la sensibilité était de 95 % et la spécificité de 28 % [17]. Dans l'étude de Biggi et al. la sensibilité et la spécificité étaient respectivement de 64 et 68 % pour une valeur seuil de 87,5 mg/l évaluée sur une courbe ROC [5]. Dans l'étude de Benador et al., en 1994, la sensibilité et la spécificité étaient de 89 et 25 % pour une valeur seuil de la CRP de 20 mg/l [4]. En 1998, Benador et al. ont rapporté une sensibilité de 100 % et une spécificité de 26,1 % en cas de CRP ≥ 10 mg/l [6]. En 2001, Gervaix et al. ont montré qu'une CRP ≥ 40 mg/l avait une sensibilité de 68 % et une spécificité de 55 % [7]. Dans notre étude, la sensibilité de la CRP était de 94 % et sa spécificité de 30 % pour une valeur seuil de 20 mg/l. Ces résultats limitent son utilisation dans le diagnostic des lésions rénales. En effet, parmi les 23 enfants avec scintigraphie au DMSA normale, 16 avaient une CRP ≥ 20 mg/l.

Bien que sensible et spécifique, la scintigraphie au DMSA présente certaines limites d'utilisation. Elle est coûteuse, irradiante et difficile à réaliser chez le petit enfant qui doit rester immobile pendant dix à 20 minutes. La distinction entre lésion aiguë et lésion chronique n'est pas toujours simple et il peut exister des variations d'interprétation entre les différents observateurs [19]. Le dosage de la PCT est moins coûteux que la scintigraphie au DMSA, est facilement réalisable [20] et évite l'irradiation des patients. Sa grande sensibilité et son excellente spécificité en font un marqueur de choix pour dépister les patients ayant une atteinte parenchymateuse. La scintigraphie au DMSA faite à distance de l'épisode aigu pour évaluer les éventuelles séquelles, pourrait être réservée aux malades dont la PCT était augmentée en période aiguë. À l'heure où certains auteurs proposent une diminution de la durée de l'antibiothérapie par voie intraveineuse [21] and [22], la PCT pourrait faire partie des critères de sélection des malades. Ainsi, pourrait-on proposer plus rapidement une antibiothérapie orale ambulatoire aux patients ayant une PCT normale au moment du diagnostic.


4. Conclusion

Notre étude confirme la bonne sensibilité et la bonne spécificité du dosage de la PCT dans le diagnostic des lésions aiguës du parenchyme rénal des infections urinaires de l'enfant fébrile. Une valeur normale de la PCT permet d'exclure avec une forte probabilité une atteinte du parenchyme rénal, ce qui pourrait permettre de raccourcir la durée du traitement antibiotique par voie veineuse. Lorsque la PCT est augmentée, la scintigraphie au DMSA à distance de l'épisode aigu permet d'évaluer les éventuelles séquelles. Le dosage de la PCT, dont la réalisation est facile, le coût faible et l'intérêt diagnostique certain, mérite d'être plus largement utilisé dans les PNA de l'enfant.



Archives de Pédiatrie
Volume 12, Issue 7, July 2005, Pages 1075-1080

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MessagePosté le: Dim 17 Oct - 10:40 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 17 Oct - 11:32 (2010)    Sujet du message: Apport du dosage de la procalcitonine pour le diagnostic de pyélonéphrite aiguë de l'enfant Répondre en citant

Merci énormémernt pour l'article et ben cela ne rendra plus systématique la réalisation de la scintigraphie aprés tout episode de pyelonephrite ;une economie de santé entre autre.
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MessagePosté le: Dim 17 Oct - 19:20 (2010)    Sujet du message: Apport du dosage de la procalcitonine pour le diagnostic de pyélonéphrite aiguë de l'enfant Répondre en citant

C'est plutôt le dosage de la procalcitonine qui a un intérêt diagnostic et économique dans cette étude.

L'auteur a écrit:
Une valeur normale de la PCT permet d'exclure avec une forte probabilité une atteinte du parenchyme rénal, ce qui pourrait permettre de raccourcir la durée du traitement antibiotique par voie veineuse. Lorsque la PCT est augmentée, la scintigraphie au DMSA à distance de l'épisode aigu permet d'évaluer les éventuelles séquelles.

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MessagePosté le: Lun 18 Oct - 05:48 (2010)    Sujet du message: Apport du dosage de la procalcitonine pour le diagnostic de pyélonéphrite aiguë de l'enfant Répondre en citant

Merci bien pour le partage, très intéressant  Smile

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MessagePosté le: Lun 18 Oct - 18:29 (2010)    Sujet du message: Apport du dosage de la procalcitonine pour le diagnostic de pyélonéphrite aiguë de l'enfant Répondre en citant

salut 'svp vs pouvez le mettre s/f d'1 lien pour le telecharger merci

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MessagePosté le: Ven 5 Nov - 22:13 (2010)    Sujet du message: Apport du dosage de la procalcitonine pour le diagnostic de pyélonéphrite aiguë de l'enfant Répondre en citant

très  intéressant  merci ++++  chers  confreres
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:50 (2016)    Sujet du message: Apport du dosage de la procalcitonine pour le diagnostic de pyélonéphrite aiguë de l'enfant

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