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Akathisie

 
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FADILA
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MessagePosté le: Jeu 10 Déc - 23:27 (2009)    Sujet du message: Akathisie Répondre en citant

                                      Akathisie

Points importantsL'acathisie ou akathisie (kathizein, s'asseoir, en grec) est l'impossibilité de rester assis ou, plus rarement, le besoin de se lever, de bouger, une impossibilité de rester en place.
L'akathisie, bien que fréquente, est très souvent méconnue (dans jusqu'à 74 % des cas lors d'une étude de 48 cas en milieu psychiatrique, où l'on est théoriquement au courant !).
Une combinaison multiplicative malheureuse aboutit à en rater le diagnostic :
beaucoup de médecins ne la connaissent pas : impossible de l'évoquer !


l'appartenance de la plupart des antiémétiques à la famille des neuroleptiques est souvent méconnue
X
le malade ne verbalise pas ou pas bien ce qu'il ressent
X
l'allure psychiatrique est trompeuse et aboutit à une forme de rejet du patient
X
le patient se "rejette" lui-même en quittant les lieux, de par l'akathisie-même
=
akathisie non diagnostiquée : souffrance, rejet (allure psychiatrique) et récidive.
 

Les conséquences de la méconnaissance de l'akathisie sont :
  • une source de désagréments sévères pour le patient,
  • l'administration de traitements inadaptés ou aggravants,
  • l'orientation en psychiatrie d'une affection qui n'en relève pas,
  • que l'association de l'akathisie après injection d'antiémétique, à sa note pseudo-psychiatrique, lors d'un tableau d'abdomen aigu par exemple, peut faire passer l'abdomen aigu pour non organique : danger !
  • l'impact sur la compliance.

Le diagnostic d'akathisie est très facile si le médecin est sensibilisé à son existence ! Il faut malgré tout se méfier des états d'agitation des schizophrènes et des alcooliques, notamment sevrés.
Il repose sur la recherche de la prise de médicaments : essentiellement, antiémétiques et neuroleptiques, qui sont parfois "cachés".
Les antiémétiques sont de prescription très large, et sont la cause principale de l'akathisie.
Les neuroleptiques sont une cause habituelle d'akathisie. La survenue de l'akathisie passe pour une agitation en rapport avec l'affection initiale, entraîne un renforcement du traitement qui aggrave l'akathisie.
La confusion de l'akathisie avec une agitation d'ordre psychiatrique peut mener à un traitement neuroleptique qui l'aggrave...
On peut voir ainsi :
  • une femme enceinte avec vomissements gravidiques souffrir d'akathisie plusieurs mois et avoir un diagnostic psychiatrique auprès de sa famille et de ses médecins,
  • un patient refuser la chimiothérapie qu'il ne supporte pas,
  • un "agité" après prise ignorée d'un antiémétique commun se voir traité par... neuroleptiques.

On connaît mal la fréquence de l'akathisie après traitement par antiémétique de même que pour la plupart des autres antiémétiques de nature neuroleptique ; on sait que si l'on recherche l'akathisie après injection d'un certain antiémétique neuroleptique, l'un des plus utilisés en Amérique du Nord, on la trouve dans 30 % des cas.
Circonstances de diagnostic
Il s'agit souvent :
  • d'un malade en chimiothérapie (des antiémétiques neuroleptiques sont souvent prescrits),
  • d'un patient traité pour nausées ou vomissements aigus :
    • gastro-entérite,
    • douleur abdominale aiguë,
    • analgésie morphinique en urgence ou postopératoire,
  • d'un patient traité pour nausées ou vomissements chroniques :
    • grossesse,
    • traitements morphiniques chroniques,
  • d'un patient psychiatrique :
    • sous neuroleptique,
    • ou autres psychotropes (antidépresseurs...).

Aux urgences, il peut aussi s'agir :
  • d'un patient conduit aux urgences pour agitation ou anxiété,
  • d'un malade qui sort contre avis médical, ne pouvant plus rester,
  • d'une "fugue" des urgences,
  • d'un malade qui arpente le couloir, ne peut rester assis en salle d'attente ou allongé sur le brancard,
  • d'un malade qui se dit mieux pour pouvoir partir : tout le monde est content, en apparence.
Diagnostic
Le patient ressent un état d'impossibilité de rester tranquille.
Il ne peut rester assis ni couché, ou sur son brancard aux urgences. Il ne tient pas en place. Il va et vient, croise et décroise ses jambes, ou se tortille sur sa chaise, parfois même, il gémit ou grogne de façon continue.
Habituellement, ces mouvements sont complexes et stéréotypés. Ils soulagent le patient. Sur demande, le patient peut interrompre ces mouvements.
L'akathisie peut aussi se manifester par :
  • des conduites suicidaires,
  • une agressivité,
  • une non-compliance aux traitements médicamenteux.

Le diagnostic repose sur la mise en évidence de la cause la plus fréquente de l'akathisie : un médicament, en général un antiémétique ou un neuroleptique. L'arrêt du médicament permettra la disparition de l'akathisie.
Bien souvent, le patient vous dira qu'il a, en effet, mal supporté dans le passé un antiémétique !
Principaux médicaments susceptibles de provoquer une akathisie :
  • neuroleptiques,
  • antiémétiques neuroleptiques (les plus usuels),
  • antidépresseurs tricycliques ou sérotoninergiques,
  • certains antiparkinsoniens.
Diagnostic différentiel
Le syndrome des jambes sans repos, ou impatiences des membres inférieurs, est lui aussi une affection souvent méconnue en plus d'être assez fréquente. Ce peut être une cause d'insomnie. Les mouvements n'atteignent pas le tronc, ils soulagent en partie le patient, de même que les massages des jambes.
4 critères diagnostiques sont obligatoires :
  • envie de bouger les extrémités, souvent associée à des paresthésies pouvant devenir douloureuses,
  • impatiences motrices à l'éveil,
  • aggravation au repos, amélioration au moins partielle lors de l'action,
  • cycle nycthéméral avec aggravation le soir et la nuit, responsable d'insomnie.


Critères additionnels facultatifs :
  • trouble du sommeil,
  • mouvements périodiques lors du sommeil 80 %,
  • examen neurologique normal dans la forme idiopathique,
  • aggravation avec l'âge et pendant une grossesse,
  • histoire familiale.

L'akathisie de la maladie de Parkinson, non liée aux neuroleptiques : le syndrome parkinsonien est au complet.
Traitement
Il comporte l'arrêt et la contre-indication du traitement responsable et de sa classe pharmacologique.
Pour le soulagement immédiat des symptômes, divers traitements sont proposés :
  • bêta-bloqueurs lipophiles
  • un certain antiémétique injectable est le traitement de routine dans les services d'urgences nord-américains, il n'est disponible en France qu'en comprimés pour la prévention du mal des transports,
  • les benzodiazépines : celles-ci paraissent le traitement le plus adapté dans le cadre de l'urgence et peuvent être recommandées. La voie orale, en l'absence de vomissements, est rapidement active. N'oublions pas que certaines benzodiazépines, suivant les recommandations du Vidal, ne doivent pas être injectées en IM. La voie veineuse nécessite les précautions habituelles de disponibilité du matériel de réanimation. On privilégiera donc les benzodiazépines orales et IM pour celles qui s'y prêtent. L'une d'entre elles est le traitement le plus utilisé par voie IM, avec peu d'effets secondaires (ataxie, sédation, et risque si association avec autres traitements). Battaglia 2005

A cela, il est très important d'ajouter la "communication" :
  • accuser réception du symptôme : dire au patient que l'on sait ce qu'il a, et que l'on sait à quel point c'est pénible,
  • dire que c'est un effet indésirable du traitement, et qu'il va disparaître en quelques heures (si ce n'est pas un neuroleptique injectable à effet prolongé),
  • lui dire que l'on va lui donner un traitement immédiatement pour le soulager,
  • le laisser déambuler, s'il ne peut y résister.

Il faut informer le patient et ses médecins traitants de la contre-indication médicamenteuse.
Prévention
Une forme de prévention est de prévenir le malade à qui l'on prescrit un antiémétique qu'il peut avoir de tels symptômes ; on le préviendra aussi des risques de dyskinésies, décrites comme des mouvements anormaux évoquant des tics, des contractures musculaires. On évitera ainsi des errances diagnostiques pénibles si l'effet se produit.
L'injection en perfusion lente au lieu d'un bolus ne réduit pas le risque...
Lorsque le traitement antiémétique est indispensable, par exemple lors d'une chimiothérapie anticancéreuse, il est préférable d'essayer une autre classe d'antiémétique.
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MessagePosté le: Jeu 10 Déc - 23:28 (2009)    Sujet du message: Akathisie Répondre en citant

Références
  1. Collins RW, Jones JB, Walthall JDH et al. Intravenous administration of prochlorperazine by 15-minute infusion versus 2-minute bolus does not affect the incidence of akathisia: A prospective, randomized, controlled trial. Ann Emerg Med. November 2001;38:491-496.
  2. Akagi H, Kumar TM. Akathisia: overlooked at a cost. BMJ 2002;324:1506-1507.
  3. Vinson DR, Drotts DL. Diphenhydramine for the prevention of akathisia induced by prochlorperazine: a randomized, controlled trial. Ann Emerg Med. 2001;37:125-31.
  4. Lambert A, Dachary JM, Marie C, Oules J, Pagot R, Sales M, Vauterin C. [A new synthetic antiparkinsonian drug, tropatepine hydrochloride in extrapyramidal syndromes induced by neuroleptics] [Article in French].Encephale 1976;2:115-21.
  5. Miller CH, Fleischhacker WW. Managing antipsychotic-induced acute and chronic akathisia. Drug Saf. 2000 Jan;22(1):73-81.
  6. Fleischhacker WW. Communication personnelle. 2003.
  7. Weiden PJ, Mann JJ, Haas G, Mattson M, Frances A. Clinical nonrecognition of neuroleptic-induced movement disorders: a cautionary study. Am J Psychiatry. 1987 Sep;144(9):1148-53.
  8. Battaglia J. Pharmacological management of acute agitation.Drugs. 2005;65:1207-22.
  9. Burgyone K, Aduri K, Ananth J, Parameswaran S. The use of antiparkinsonian agents in the management of drug-induced extrapyramidal symptoms. Curr Pharm Des. 2004;10:2239-48.

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